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[eBook] Tous ses désirs - Volume 1

  • Editions Addictives 1 Décembre 2014

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Extrait 1. Magnétique Si je le pouvais, je m’enfuirais à toutes jambes ! Mais qu’est-ce que je fais là ? Au milieu de toutes ces stars ! Le type, là, qui vient de me bousculer, ce n’est pas cet acteur connu ? Mince, je ne me rappelle plus de son nom… Je me sens de plus en plus mal à l’aise. Pourtant la soirée est parfaite. Ce magnifique gala monégasque a été idéalement organisé. Tout le bottin mondain est là et je réalise à peine la chance que j’aie d’être parmi ces célébrités. En vain je tente de respirer et de calmer mon appréhension. J’ai l’impression d’être dans le passage. Je ne sais pas où me mettre pour faire mon travail sans enfreindre je ne sais quel code que j’ignore. Pourvu que je ne fasse pas de gaffe ! Quand Edmée Dupriest, la rédactrice en chef du magazine Starglam m’a proposé un travail à la rédaction, je me suis dit que c’était une opportunité à ne pas rater, sauf que maintenant, je ne suis plus sûre de rien. Je n’ai rien contre les people mais ce n’est pas mon univers. Je stresse tellement que je n’arrive même plus à mettre un nom sur ces visages qui me semblent pourtant familiers. Dire que je voulais devenir journaliste dans la mode ou l’art… J’étais si fière d’annoncer en arrivant que je représentais ce soir le magazine Starglam. Moi, la simple pigiste ! Et à l’essai en plus ! Envoyée pour mon premier reportage solo, je m’étais promis de ne pas décevoir Edmée. Lorsque le cordon de velours rouge a été écarté pour que je puisse pénétrer dans la magnifique salle bondée, je me suis sentie sur un petit nuage... Mais ma belle assurance s’est envolée à peine entrée. Impossible de me rappeler qui est qui bien que j’aie tenté de « réviser » hier en feuilletant soigneusement les pages people des journaux. À nouveau je regarde autour de moi. Tout y est incroyable. La salle de l’hôtel Fairmont Monte-Carlo privatisée pour l’occasion est à couper le souffle. Perchée sur les hauteurs de la ville, elle offre une vue panoramique sur la Méditerranée grâce à ses immenses baies vitrées longées par un balcon à la rambarde transparente. Aucune paroi intérieure pour boucher la vue, des colonnes modernes, simples mais élégantes, viennent soutenir le plafond. Celui-ci, alors que le soleil se couche, vient accentuer l’atmosphère calme et chic : bleu nuit, il est parcouru de minuscules spots de lumière rappelant les étoiles. Le long du mur du fond, opposé au spectacle du paysage, un grand buffet a été dressé sur des nappes blanches. Petits-fours salés et sucrés à disposition, pâtisseries délicates… Je n’ai jamais rien vu d’aussi parfaitement pensé. Pour un peu j’aurais l’impression d’être Sissi faisant son entrée dans la salle de bal ! Pour me fondre dans la masse et ne pas jurer avec l’assemblée, j’ai mis la plus belle robe de mon placard. Soie émeraude pour mettre en valeur mes cheveux roux sombre et mes yeux vert clair, plus des Louboutin qui m’ont coûté une fortune. Je les ai achetées l’année dernière, je fantasmais dessus et me les suis finalement offertes pour fêter mon diplôme, même si c’était une folie ! Je réalise que ma tenue est encore trop simple par rapport à celles des stars de la soirée et cela rajoute encore à mon malaise. Déjà que je suis timide, je suis maintenant morte de trac ! Bon… en fait, je me sens plus proche de Daisy Duck que de Sissi Impératrice ! Je dois vite me reprendre si je veux prouver à Edmée qu’elle a eu raison de me faire confiance. Ce n’est pas le moment de flancher ! Jamais une star ne consentira à nous parler, mes Louboutin, ma robe et moi, si je reste plantée comme ça. Sauvée ! J’aperçois brièvement Éric Gourieux près du buffet. C’est un reporter-cameraman de la chaîne People-live que je connais bien maintenant pour l’avoir croisé à de nombreuses reprises sur le terrain. Je lui adresse un signe discret de la main. Un signe discret, mais désespéré. Il me retourne un large sourire joyeux et se précipite vers moi, caméra toujours vissée à l’épaule au cas où l’occasion de réaliser l’interview d’une personnalité se présentait. Lui m’aidera sans aucun doute à savoir comment me comporter ici. Et surtout à deviner qui est qui ! Chaque fois que je crois reconnaître une tête, j’ai un trou. Je me vois mal commencer une interview avec pour première question : « Au fait, qui êtes-vous déjà ? J’ai votre nom sur le bout de la langue. » Je ne peux m’empêcher de pouffer de rire en voyant Éric s’approcher de moi. Quelle dégaine quand même ! On n’a pas idée ! Grand, rond, plus un poil sur le caillou et les manches de chemise retroussées ! D’habitude, sa tenue de combat, c’est plutôt jean, tee-shirt, mais, pour l’occasion, il a enfilé un costume dans lequel il a l’air d’être au supplice. Le portrait craché de Gru dans le dessin animé Moi, moche et méchant. Aucun doute, ses deux enfants doivent l’adorer. Toujours prêt à rendre service. Le type le plus adorable qu’il m’ait été donné de croiser depuis que je suis entrée dans la vie active. – Alors ? On sèche sur l’identité des stars ? – Tu as tout compris, Éric ! Je suis perdue ! Il me tape affectueusement dans le dos. – T’inquiète pas. Moi aussi au début je me mélangeais les pinceaux, répond-il en m’attirant à l’écart afin que nous ayons une meilleure vue d’ensemble. Je parcours la foule du regard pendant qu’il me fait un topo. – Tu vois la fille là-bas ? La grande blonde de dos ? – Celle avec une robe noire fendue sur le côté ? – Oui. Celle-là. Elle est toujours habillée de manière très classique. C’est Gisele Bündchen ! – Ah oui, la top modèle ! Comment ai-je pu ne pas la reconnaître ! – Détends-toi et tout ira bien ! Fais-toi confiance ! Surtout avec elle : elle est sympa. Mais c’est difficile de l’approcher car la presse people ne la quitte pas d’une semelle. Tu auras du mal à avoir plus d’une phrase, mais elle se laisse prendre en photo ou filmer. Le type derrière, c’est Shemar Moore. – Mince, son visage me dit vraiment quelque chose ! – Bien sûr, il joue dans Esprits criminels. Il est présent à toutes les soirées qui ont pour but de soutenir une association caritative car il est lui-même très impliqué. – Mais oui ! Tu as raison ! Il est canon ce mec ! – Eh bien, tu auras l’occasion d’en profiter. Il est mannequin à ses heures perdues et ne rate jamais une fashion week. Comme celle de Paris commence bientôt, tu le verras partout ! – Les interviews sont envisageables ? – Oui. Il est adorable. Si tu veux entrer dans ses bonnes grâces, glisse un mot sur son implication dans des œuvres de charité. – Quel domaine ? – La lutte contre la sclérose en plaques. Sa mère en est atteinte. Un peu plus loin, Albert de Monaco et sa femme, splendide dans une robe blanche fourreau mettant en valeur sa silhouette athlétique et faisant rayonner ses cheveux blonds. – Eux, je ne te les présente pas, rassure-moi ! plaisante-t-il. – Non, ça va quand même ! Est-ce que tu te moquerais de moi par hasard ? Éric fait une grimace comique. Mais je le ramène sur terre. Un groupe de personnes m’est totalement inconnu, et pourtant tous les invités semblent se presser autour d’eux. Archi-célèbres pour tout le monde, on dirait. Tous, sauf moi ! – Cet homme là-bas, assez âgé. – Chevelure blanche impeccable ? Allure aristocratique ? – Oui. Qui est-ce ? – Ferdinand Longchamps. – Jamais entendu parler. – Sérieusement ? s’exclame Éric en roulant des yeux. Avec tes parents qui tiennent une ferme bio ? Je le regarde, étonnée. Pourquoi est-ce si incroyable ? Et quel est le rapport ? – Vraiment, je te jure, ça ne me dit rien. – Et l’empire agroalimentaire Long Life ? – Ah oui ! Mes parents ne sont pas fan des produits qu’ils développent. – Sans rire ! ? Mais il est aussi impliqué dans de nombreuses associations. – Je te crois sur parole. Je n’en ai aucune idée. – Il est toujours d’une grande générosité. Il se débrouillera probablement pour signer un très gros chèque au profit de l’association mise à l’honneur ce soir dans le champ de plusieurs caméras. Je l’observe avec attention. Je n’arrive pas à savoir s’il m’inspire de l’empathie ou s’il me glace le sang. Quel homme étrange… Il se tient très droit, une paire de lunettes noires sur le nez. Quand il les ôte en se tournant imperceptiblement, j’aperçois brièvement un regard acéré sous des paupières fatiguées. Éric me glisse qu’il doit avoir dans les 70 ans, mais il dégage une telle énergie qu’il est difficile de croire qu’il en a plus d’une soixantaine. Son visage est dur, presque austère, quand il s’adresse à ceux qui l’entourent et qui semblent être des proches. Mais dès qu’un journaliste s’approche, son visage, sans changer radicalement, devient plus affable. Tout en l’observant, j’interroge Éric. – Abordable ? – Tu fais partie de la presse, alors oui. Mais il ne te donnera pour tes papiers que ce qu’il veut que tu écrives. Il est trop rodé pour laisser échapper quoi que ce soit. Et il se méfiera de toi quoi que tu fasses, aussi sympathique que tu puisses être. En fait, que tu écrives pour Le Monde ou Mickey magazine, c’est pareil, il restera sur ses gardes. Tu as une carte de presse, tu es potentiellement intéressante pour lui, mais dangereuse si tu ne retranscris pas fidèlement son message du jour... Et je ne mentionne même pas la très mauvaise idée qui consisterait à mettre le nez dans ses affaires. Il fonctionne comme ça. Bon à savoir…


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