Arts et spectacles

  • « Dix mille ans ou dix mille jours, rien ne peut arrêter le temps, ni changer le fait que j'aurai soixante-dix ans au cours de l'Année du Singe. Soixante-dix ans. Un simple nombre, mais qui indique le passage d'un pourcentage significatif du temps alloué dans le sablier. Les grains se déversent et je remarque que les morts me manquent plus que d'habitude. Je remarque que mes propres larmes me brûlent les yeux, que je cours moins vite et que ma notion du temps qui passe s'accélère. » L'année du singe se présente à la fois comme un récit de voyage à travers les Etats-Unis et le Portugal, un carnet de rêves et de conversations imaginaires, et une méditation lucide sur le passage du temps, le deuil et la compassion. Au fil de ses déambulations solitaires, Patti Smith déroule l'année 2016, année du singe dans le calendrier chinois et année charnière de ses soixante-dix ans. Au cours de 17 chapitres ponctués de 35 photos Polaroïd, elle tisse avec pudeur et mélancolie la toile de cette année singulière marquée par des bouleversements intimes (la mort d'amis chers) et politiques (l'élection de Trump), sans jamais s'abandonner à l'apitoiement ni au désespoir. Elle célèbre au contraire la littérature, l'art et les pouvoirs de l'imagination, offre sa sagesse optimiste et sa finesse d'esprit, rappelant, s'il en était besoin, qu'elle est l'une des créatrices les plus talentueuses de notre temps.

  • " Je vous jure, il est bien, achetez-le ! "
    Parce que, depuis le lycée, Lena est une adepte du développement personnel, elle a souhaité faire de ce livre un guide pratique à destination des jeunes pour dire NON à la déprime, à la morosité et à la spirale du négatif ; OUI au positif, à la joie, à l'acceptation de soi et à la réussite. Un manuel pratique et militant, de bonne humeur et d'esprit positif, qu'elle résume elle-même sous cette formule : + = +

  • Ailleurs

    Gérard Depardieu

    L'ailleurs : cette petite distance qu'il faut trouver pour rester profondément humain.

    Je suis parfois un innocent, parfois un monstre.
    Tout ce qui est entre les deux ne m'intéresse pas.
    Tout ce qui est entre les deux est corrompu.
    Seuls l'innocent et le monstre sont libres.
    Ils sont ailleurs.

  • « C'est contre le cinéma que le cinéma doit se faire. En particulier s'il veut, au sein du nouveau monde des images, incarner le plus précieux, le plus vital : la liberté de penser, d'inventer, de chercher, d'errer et de se tromper, en somme d'être l'antidote. »
    Olivier Assayas

    Constat fait de l'absence de pensée théorique du cinéma contemporain et de l'effacement de la cinéphilie, que nous reste-t-il pour penser ce que l'on persiste à appeler le septième art? Penser, c'est-à-dire donner du sens aux pratiques des réalisateurs, dépasser la fragmentation et la dépersonnalisation de leur oeuvre dans l'industrie des flux numériques... et justifier aussi qu'on puisse encore résister à l'attraction des plateformes au nom d'un cinéma indépendant et libre, avec l'éthique et les fins qui lui sont propres.


    Ce texte a été écrit pour le site belge Sabzian, proposant chaque année à un réalisateur d'établir un état des lieux du cinéma.

  • "Une femme dit tout de sa vie : l'amour et les désirs, la douleur, la mort.
    J'ai écrit ce texte pour le compositeur Yann Robin, mais il se lit aussi sans musique, comme un petit roman intérieur."
    Yannick Haenel

  • Je suis devenu « tétraplégique incomplet » suite à un plongeon trop à pic dans une piscine pas assez remplie. (...) Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés... Bref, je sens qu'on va bien s'amuser...

  • Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l'absence de tout sentier, François Garde et ses compagnons ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale. Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l'océan Indien aux confins des quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe.
    Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l'auteur avait longtemps rêvé, l'a confronté quotidiennement à ses propres limites. Mais le poids du sac, les difficultés du terrain et du climat, les contraintes de l'itinérance, l'impossibilité de faire demi-tour n'empêchent pas l'esprit de vagabonder. Au fil des étapes, dans les traversées de rivières, au long des plages de sable noir, lors des bivouacs ou au passage des cols, le pas du marcheur entre en résonance avec le silence et le mystère de cette île et interroge le sens même de cette
    aventure.

    1 autre édition :


  • Un portait différent, sensible, amoureux de l'un des plus grands génies de la musique.

    Mozart ? Encore ! Alors que la plupart des musicologues se sont penchés sur sa vie, son oeuvre... Oui, Mozart. D'abord parce que je suis en quelque sorte née avec lui dans mon oreille, grâce à mes parents. Un père contrebassiste et chef d'orchestre, une maman violoniste qui, dès mes cinq ans, entre deux concerts, ont glissé sous mes doigts d'enfant, le clavier de mon premier piano. Puis, il y eut l'itinéraire obligé. Le conservatoire, où il m'apparut didactique, décortiqué, expliqué, à des années lumières de ce que j'en savais à travers les voix des amis musiciens de mes parents, lorsqu'ils en parlaient, entre eux, lorsque l'émotion surgissait au détour d'une phrase et changeait tout. Enfin, il y eut ce jour, suivi de beaucoup d'autres où, lettre après lettre, je suis entrée dans sa vie. Et ce n'était plus le " divin Mozart ", par essence inaccessible, mais le plus attachant des amis. Un génie qui avait le pouvoir de faire jaillir, du désordre de nos émotions, ce qu'il y avait de plus troublant, de plus pur, de plus inattendu aussi.
    Mozart tellement libre, loyal, courageux, insolent, pratiquant avec délices un érotisme joyeux et mettant en musique cette mélancolie déchirante qui n'appartient, dans sa retenue et son élégance, qu'à lui. En le jouant, en l'écoutant et en le réécoutant, en " violant " ses lettres, j'ai eu le désir de le raconter tel qu'en lui-même, en son temps, balayant au passage les pieux mensonges dont on l'a fardé. Adieu donc à Leopold, le père fouettard, exhibant à tout-va son prodige d'enfant ! Adieu à Constanze costumée en épouse sotte et inculte, à Salieri, le faux assassin du génie, à l'enterrement sous la neige, au corps jeté sans plus de cérémonie, dans la fosse commune et bienvenue à celui que, je l'espère, vous ne verrez plus tout à fait de la même manière après avoir lu ce dictionnaire amoureux.

  • De la couleur

    Claude Romano

    Les couleurs existent-elles dans les choses ou n'ont-elles deréalité que dans notre regard ? Sont-elles matière ou idée ? Entretiennent-elles les unes avec les autres des rapports nécessaires ou sont-elles seulement connues de manière empirique ? Y a-t-il une logique de notre monde chromatique ? Pour répondre à ces questions, Claude Romano convoque l'optique, la physique, les neurosciences, la philosophie et la peinture.
    En retraversant certaines étapes décisives de la réflexion sur ces problèmes (de Descartes à Newton, de Goethe à Wittgenstein, de Schopenhauer à Merleau-Ponty), il développe une conception réaliste qui replace le phénomène de la couleur dans le monde de la vie et le conçoit comme mettant en jeu notre rapport à l'être en totalité : perceptif, émotionnel et esthétique. L'auteur fait ainsi dialoguer la réflexion théorique et la pratique artistique. C'est parce que la couleur touche à l'être même des choses, en révèle l'épaisseur sensible, que la peinture, qui fait d'elle son élément, est une opération de dévoilement.

  • 'Quand venait l'heure de nous coucher et de nous mettre en pyjama, notre père restait près de nous et nous apprenait à disposer nos vêtements dans l'ordre très exact du rhabillage. Il nous avertissait, nous savions que la cloche de la porte extérieure nous réveillerait en plein sommeil et que nous aurions à fuir, comme si la Gestapo surgissait. Votre temps sera chronométré, disait-il, nous ne prîmes pas très longtemps la chose pour un jeu. C'était une cloche au timbre puissant et clair, actionnée par une chaîne. Et soudain, cet inoubliable carillon impérieux de l'aube, les allers-retours du battant de la cloche sur ses parois marquant sans équivoque qu'on ne sonnait pas dans l'attente polie d'une ouverture, mais pour annoncer une brutale effraction. Sursaut du réveil, l'un de nous secouait notre petite soeur lourdement endormie, nous nous vêtions dans le noir, à grande vitesse, avec des gestes de plus en plus mécanisés au fil des progrès de l'entraînement, dévalions les deux étages, sans un bruit et dans l'obscurité totale, ouvrions comme par magie la porte de la cour et foncions vers la lisière du jardin, écartions les branchages, les remettions en place après nous être glissés l'un derrière l'autre dans la protectrice anfractuosité, et attendions souffle perdu, hors d'haleine. Nous l'attendions, nous le guettions, il était lent ou rapide, cela dépendait, il faisait semblant de nous chercher et nous trouvait sans jamais faillir. À travers les branchages, nous apercevions ses bottes de SS et nous entendions sa voix angoissée de père juif : Vous avez bougé, vous avez fait du bruit. - Non, Papa, c'est une branche qui a craqué. - Vous avez parlé, je vous ai entendus, ils vous auraient découverts. Cela continuait jusqu'à ce qu'il nous dise de sortir. Il ne jouait pas. Il jouait les SS et leurs chiens.' Écrits dans une prose magnifique et puissante, les Mémoires de l'auteur de la Shoah disent toute la liberté et l'horreur du XXe siècle, faisant du Lièvre de Patagonie un livre unique qui allie la pensée, la passion, la joie, la jeunesse, l'humour, le tragique.

  • Pendant une vingtaine d'années, Anny Duperey s'est passionnée pour l'art photographique, installant un laboratoire dans sa salle de bains, où elle passait des jours, et parfois des nuits, à développer ses pellicules et tirer elle-même ses images argentiques en noir et blanc.
    Elle commente ici, avec émotion, délicatesse et drôlerie, une centaine de ses photos préférées et inédites.

  • La danse représente un réel défi pour les historiens. Art de l'éphémère, elle ne laisse dans son sillage que des traces très partielles une fois évanouie, et continue souvent à être oubliée dans les récits de l'histoire de l'art. Afin de combler ce manque, Laura Cappelle a réuni vingt-sept des meilleurs spécialistes internationaux de la danse occidentale, dont les travaux mettent en avant sur la longue durée, depuis la Préhistoire jusqu'à nos jours, une multiplicité de techniques et de pratiques.

    Des premiers indices de transes dansées à la libération moderne du corps, des ballets de la Renaissance à la création chorégraphique actuelle, cet ouvrage décrypte le mouvement à la lumière des dynamiques sociales, culturelles et artistiques qui l'ont façonné en Occident. La danse y est contemporaine, classique, apollinienne, dionysiaque, politique, esthétique, populaire ; de la ville à la scène, elle brouille les frontières et revendique aussi bien l'élévation que l'ancrage au sol, la virtuosité que le dépouillement.

    Projet essentiel pour que les fruits de la recherche nourrissent la culture générale de la danse ainsi que la compréhension des oeuvres et des pratiques aujourd'hui, cette traversée de l'histoire s'adresse à tous les publics.


  • Iris Brey théorise le regard féminin, ou female gaze, une façon de filmer les femmes sans en faire des objets, de partager la singularité des expériences féminines avec tous les spectateurs, quel que soit leur genre, et renouveler notre manière de désirer en regardant sans voyeurisme.
    Des joyaux du cinéma à certaines œuvres plus confidentielles, en passant par quelques séries et films très contemporains, Iris Brey nous invite à nous interroger sur le sens caché des images.

  • Le livre idéal pour découvrir les inspirations de David Bowie à travers les ouvrages de sa bibliothèque.David Bowie était un lecteur compulsif qui ne se déplaçait jamais sans sa bibliothèque portative. Trois ans avant sa mort, en 2013, dans le cadre de la mémorable exposition qui lui a été consacrée, il a offert au public une liste des cent livres l'ayant le plus influencé. Dans cet ouvrage, John O'Connell a choisi de les passer en revue en examinant leur impact sur la vie et l'oeuvre de la star.
    Dans un premier temps, les titres semblent se succéder comme autant de pièces d'un puzzle insoluble : que viennent faire
    1984 ou
    Sur la route à côté des
    /> Chants de Maldoror ? Fiction, essais, revues de bandes dessinées, occultisme, spiritualité, psychologie et histoire de l'art... La liste et les domaines qu'elle englobe sont pour le moins éclectiques !
    Au fil des pages, l'auteur nous abreuve d'indices et d'une mine d'anecdotes qui permettent de se faire une idée plus précise de cet artiste transformiste. Un éclairage passionnant sur un esprit curieux, qui a su se nourrir de ses diverses passions pour construire une carrière et une oeuvre devenues cultes.

  • Découvrez les dialogues complets du film culte de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette.
    OEuvre clandestine depuis sa sortie en 1993, La Classe américaine entre enfin dans la collection Les Grands Classiques.
    OEuvre clandestine depuis sa sortie en 1993, La Classe américaine entre enfin dans la collection Les Grands Classiques.
    Découvrez les dialogues complets du film culte de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette, accompagnés d'un appareil critique et enrichis d'illustrations originales d'un des auteurs. Celui qui est vivant. L'autre dessinait mieux, mais il est mort. Monde de merde.
    "Pour moi, c'est parfait de A à Z. Il y a trop de vannes que j'aurais voulu écrire." Alain Chabat
    "Le train de tes injures roule sur les rails de notre indifférence." M. Hazanavicius & D. Mézerette

  • Primitivismes II ; une guerre moderne Nouv.

    Primitivismes, une invention moderne cherchait à montrer comment et pourquoi l'Europe, à la fin du XIXe siècle, fait du primitif une idée essentielle : au temps de l'expansion coloniale et de la naissance de l'anthropologie, ce primitif s'incarne dans les « sauvages », les fous, les préhistoriques et les enfants. Primitivismes II, une guerre moderne continue l'étude des fondements et des usages de la notion jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Trois thèmes s'y tressent.Les arts d'Afrique, d'abord : ceux-ci, après avoir brièvement participé à l'histoire des avant-gardes avec Apollinaire et Picasso, sont captés dans l'entre-deux-guerres par la mode nègre qui se développe en accord avec le discours colonialiste et raciste. Elle les réduit à l'état d'objets décoratifs, sinon publicitaires. Le refus de cette appropriation, ensuite : par ses écrits, ses revues et ses actes, le surréalisme oppose l'Océanie telle qu'il la rêve à ce trop bel art nègre. Dans le même mouvement, il construit une autre histoire et une autre géographie de la création. Celles-ci donnent aux cultures amérindiennes, du Nouveau-Mexique à l'Alaska, à la préhistoire et aux peuples « barbares » anciens, la place qui leur était refusée. Cette contre-culture s'oppose au récit habituel qui veut que la Grèce soit le berceau de la civilisation. Le néo-classicisme s'imposant comme le style des totalitarismes soviétique et nazi, l'affrontement est donc idéologique et politique autant que culturel. Ainsi apparaît la notion de guerre, qui donne son sous-titre au présent volume. Quand Dada fait scandale par le grotesque et le rudimentaire, il se déclare l'adversaire des sociétés occidentales si développées, coupables des carnages de la Première Guerre mondiale. Le surréalisme, à sa suite, attaque l'ordre du monde occidental - rationnel, standardisé, obsédé par le progrès et le profit - et veut susciter ou ressusciter le temps de la poésie, de la magie et de la liberté naturelles.

  • Karl et moi

    Baptiste Giabiconi


    " Un jour, tu leur diras... "

    À l'été 2008, un mannequin inconnu de dix-huit ans apparaît publiquement au côté de Karl Lagerfeld. Baptiste Giabiconi tiendra cette place pendant une décennie, défrayant la chronique en devenant lui-même célèbre. Aujourd'hui, il raconte son Karl, tel qu'il est le seul à l'avoir connu, le seul à l'avoir tutoyé et aimé. Une passion réciproque bien au-delà des apparences du créateur, réputé secret. Toutes les étoiles d'une féerie contemporaine sont là : gloire, luxe, fashion, train de vie dément, les stars et les flashs, l'art et la beauté... et autant de fous rires. Quelques orages, aussi, quand le conte de fées tourne à la cage dorée. Backstage, deux êtres que sépare un demi-siècle engagent l'essentiel : l'un, ses dix dernières années - les plus belles... -, l'autre, son entrée fracassante dans le monde adulte. Karl, muet sur son intimité, avait encouragé Baptiste à raconter leur histoire, un jour, loin des clichés ou des rumeurs.
    L'empereur de la mode avait bien raison : ce portrait post mortem s'avère le plus touchant et le plus stupéfiant qui ait jamais été tracé de lui.

  • Elle n'avait jamais voulu écrire ses Mémoires... Pourtant, au fil de ce récit, vous suivrez son parcours professionnel insolite, ses maris, ses enfants, et quelques lourds secrets jusqu'ici bien gardés.
    Mais sa vraie vie n'est pas là. Sa vraie vie, ce sont les civilisations qui ont précédé le Christ et préparé son fulgurant succès, puis les nombreux mouvements d'orgueilleuse émancipation qui ont mis en doute l'existence même d'un créateur. Elle a noirci des milliers de pages là-dessus. Elle a tout lu, Marie, et son discours le prouve. Elle a squatté tous les musées du monde, scruté tous les monuments, " fait parler la pierre "... Et en 2015, enfin, elle a décidé d'en faire un livre.
    Ce livre, le voici. Elle ne s'y pose pas en historienne : elle revit les événements. Cela donne une Histoire en Cinémascope tant les descriptions sont grandioses, et un véritable roman où pullulent les amours impossibles et les luttes de pouvoir. Savourez le cocktail : c'est un régal.

  • La dernière vie de Serge Gainsbourg Nouv.

    La vie de l'immortel Serge Gainsbourg
    Gainsbourg, trente ans. Trente ans qu'il est mort, le 2 mars 1991, et qu'il ne cesse de vivre et de revivre encore. Gainsbourg, ses engouements, ses esclandres, ses colères. Ses compagnons, l'alcool, le tabac. Ses égéries : Bardot, Birkin, Bambou - les trois B. Et sa fille, Charlotte. Ses débuts comme pianiste de bar au Milord l'Arsouille, ses mariages ratés, ses deux enfants cachés, son amitié décisive avec Boris Vian. Il y a ce que l'on sait : le charme fou, le talent vertigineux, les tubes fabuleux, les amours meurtrières, les déceptions, les provocations et le scandale, l'impatience ambiguë devant la mort.
    Gainsbourg, c'est aussi l'histoire d'un inconnu qui dut apprivoiser sa laideur, d'un enfant,
    Lulu, traqué par la peur sous l'Occupation et portant son étoile jaune comme un premier défi. Un homme toujours douloureux. Même en pleine lumière, ses tapages, ses ivresses, ses défis insensés, étaient lestés d'amertume.
    Dans sa dernière vie, Bambou, sa femme-refuge, lui a donné le bonheur d'un enfant, Lulu, comme un double souriant du petit garçon qu'il avait été. Quelques gouttes d'espérance avant de plonger dans une solitude choisie, entre souffrances et démons. Et de mourir, à soixante-trois ans, comme on fait une dernière grimace.

  • À l'évocation des mots
    photojournalisme ou
    photographie de guerre, la mémoire convoque des icônes dont les plus anciennes remontent aux années 1920 et 1930. On imagine ainsi que les conflits d'avant la Grande Guerre n'ont été que peints, dessinés et gravés ; figés dans un héroïsme un peu innocent avant que les violences du XXe siècle ne soient saisies sur pellicule dans leur réalisme cauchemardesque.
    Des albums privés des soldats coloniaux aux fonds des premières agences d'images, ce livre, véritable archéologie de la photographie de conflit, est une invitation, et une éducation, à lire l'image-choc pour la désarmer plutôt que la subir. L'auteur se focalise sur les clichés de la violence physique et de la destruction armée, pris non pas comme de simples illustrations mais comme les supports d'une relation sociale. Dans ce monde de la fin du XIXe siècle, les conflits se multiplient de façon inédite et les abus coloniaux ponctuent les conquêtes. En les capturant, l'appareil photographique, devenu portable et abordable, transforme profondément l'économie visuelle de la violence, et ce bien avant 1914.
    Au-delà d'une histoire des photographies des corps brutalisés et des violences armées, cet ouvrage, loin d'une pornographie du désastre, est aussi une proposition. Comment présenter des photographies montrant les atrocités indicibles pour les penser et en faire l'histoire ? L'observateur, y compris lorsque son regard plonge au coeur des ténèbres, peut retrouver dans les photographies les hommes et les femmes du passé, et non des victimes passives et anonymes figées sur le papier.

  • "- Dis-moi pourquoi tu rentres si tard.
    Il n'a rien répondu.
    - Vous avez bu ? Joué au poker ? Vous êtes sortis ? Tu as oublié l'heure ?
    Il continuait à se taire, avec une espèce d'insistance, en faisant tourner son verre entre ses doigts. J'ai jeté par hasard des mots absurdes pour le faire sortir de ses gonds et lui arracher une explication :
    - Qu'est-ce qui se passe ? Il y a une femme dans ta vie ?
    Sans me quitter des yeux, il a dit :
    - Oui, Monique, il y a une femme dans ma vie."

  • BRASSENS, BIENTÔT 100 ANS !
    Plusieurs de ses amis sétois ont témoigné que Georges Brassens a manifesté dès l'enfance de sérieuses dispositions pour l'humour. Il avait un goût de la farce et du canular qu'il a conservé toute sa vie et que l'on retrouve, décliné de différentes manières, dans nombre de ses chansons. Une bonne moitié d'entre elles nous font rire et sourire.
    C'est là un des mélanges les plus évidents de sa palette : il savait marier l'humour et la gravité, inventer des situations cocasses pour traiter un thème qui d'ordinaire ne s'y prête pas, émailler d'un vocabulaire délibérément joyeux une situation passablement triste.
    En fait, derrière l'outrance et la drôlerie dont il était capable, il cachait un fond d'ennui et de noirceur. Alors, pour s'extraire d'un monde et d'une société qui ne lui convenaient pas, Brassens s'est réfugié dans un univers parallèle et imaginaire, un univers qu'il nous a laissé en héritage et où l'humour règne en maître.
    Ce décalage poétique révèle aussi une philosophie : l'air de rien, Brassens se sert de l'humour pour faire passer des idées... en contrebande. Plutôt que d'asséner, il préfère suggérer : par le trait d'esprit, par la cocasserie. Toujours !
    Cette constance valait bien une nouvelle balade à travers son répertoire, non ? Une bien belle balade pour rire avec Brassens.
    Édition établie par Jean-Paul Liégeois

  • De Paris à Londres, de Kingston à New York, entrez en studio avec Serge Gainsbourg.
    Les secrets de fabrication de ses chansons enfin dévoilés, grâce aux témoignages de ceux qui l'ont accompagné dans l'élaboration de chacun de ses albums. Une odyssée musicale qui réserve de nombreux scoops, illustrée de plus de 250 photos rares ou inédites.
    Gainsbourg comme vous ne l'avez jamais vu, lu (et entendu).
    Un ouvrage unique pour explorer une oeuvre musicale culte.

    Considérable par sa richesse et son ouverture à de nombreux genres musicaux, par la diversité de ses interprètes, par ses incursions dans le cinéma, la télévision et la publicité, l'oeuvre de Serge Gainsbourg est unique. Toujours moderne trente ans après la mort de l'artiste, reconnue et célébrée en France comme à l'étranger, elle est ici, pour la première fois, observée avec une précision et une profondeur à la mesure de la place qu'elle occupe dans l'histoire de la chanson et de la musique.
    Le Gainsbook est le fruit de plus de vingt ans d'enquête entre Paris, Londres, New York et Kingston, auprès de tous ceux - arrangeurs, musiciens, techniciens - qui ont accompagné Serge Gainsbourg. Il dévoile les coulisses de l'élaboration et de l'enregistrement de chacun de ses disques. Chaque chapitre raconte l'histoire d'un album ou d'un EP, avec ses sources d'inspiration et ses secrets de fabrication, tout en évoquant les événements qui ont nourri son écriture et sa composition. Le Gainsbook se veut le plus complet possible : l'intégralité des créations et des prestations de Serge Gainsbourg y sont répertoriées chronologiquement.
    Au-delà des nombreux scoops que réserve cette odyssée musicale, Le Gainsbook a été conçu comme un guide d'accompagnement à l'écoute du répertoire de l'artiste.

  • En 1657, Nicolas Poussin peint une
    Fuite en Égypte au voyageur couché. La toile disparaît ensuite pendant plusieurs siècles. Dans les années 1980, différentes versions du tableau réapparaissent, de grands experts s'opposent, des laboratoires d'analyse et des tribunaux s'en mêlent et nombreux sont ceux à vouloir authentifier et s'approprier le chef-d'oeuvre.
    De quoi nous parle cette histoire aux allures d'intrigue policière ? Qu'est-ce qui fait la valeur d'une oeuvre d'art ? Et d'où vient cette aura attachée aux créateurs et aux oeuvres ? Bernard Lahire montre que le sacré n'a jamais disparu de notre monde mais que nous ne savons pas le voir. La magie sociale est omniprésente dans l'économie, la politique, le droit, la science ou l'art autant que dans la mythologie ou la religion. C'est cet effet d'enchantement qui transforme une sculpture d'animal en totem, un morceau de métal en monnaie, une eau banale en eau bénite ; et qui fait passer un tableau du statut de simple copie à celui de chef-d'oeuvre.
    Puisant avec érudition dans l'anthropologie, l'histoire et la sociologie, ce livre interroge les socles de croyance sur lesquels nos institutions et nos perceptions reposent. Questionnant radicalement l'art et son ambition émancipatrice, il révèle les formes de domination qui se cachent derrière l'admiration des oeuvres.

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